• Article Québécois : Rester à la maison

    Prix Desjardins d'excellence - Rester à la maison<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    «Deux heures d'école à domicile correspondent à une journée à l'école»<o:p></o:p>

    Pierre Vallée

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    Des enfants québécois qui ne fréquentent pas l'école et sont éduqués à la maison par les parents. Une rareté ou une aberration? Certainement pas pour Christine Brabant, qui a choisi d'étudier ce phénomène en tant que sujet de maîtrise à la faculté de l'éducation de l'Université de Sherbrooke.<o:p></o:p>


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    L'école à domicile devient de plus en plus populaire dans de nombreuses sociétés. Au Québec, on estime qu'il y a entre 1500 et 5000 élèves qui sont éduqués de la sorte. «C'est difficile de donner un nombre exact puisque le ministère de l'Éducation ne tient pas compte de ces enfants et, par conséquent, ne dispose d'aucun chiffre à ce sujet.»

    Un phénomène plus populaire, certes, mais encore largement méconnu. En se penchant sur ce sujet, Christine Brabant vient en quelque sorte combler un vide. En collaboration avec Sylvain Bourdon et France Jutras, elle réalise une étude visant à définir le profil socioéconomique des familles québécoises qui pratiquent l'école à domicile et à mieux comprendre les motivations qui mènent à ce choix. L'étude a été réalisée auprès de 203 familles en provenance de 16 des 17 régions administratives du Québec. «On a cherché à être le plus représentatif possible. Certaines familles vivent en ville, d'autres en campagne, d'autres en banlieue et d'autres dans des petites villes ou des villages. On a aussi interrogé tant des francophones que des anglophones ainsi que des familles de différentes religions.»

    Qui et comment

    L'étude a dévoilé que 60 % des parents qui choisissaient l'école à domicile possédaient un diplôme universitaire, souvent une maîtrise ou même un doctorat. Par contre, certains parents n'avaient même pas une cinquième secondaire. «L'étude a pourtant démontré que la réussite scolaire de l'enfant ne dépendait pas du taux de scolarisation des parents.»
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    La plupart des familles qui optent pour l'école à domicile font partie de la classe moyenne et, en général, l'un des deux parents est à la maison, souvent la mère. «Mais cela ne veut pas dire qu'une seule personne assume entièrement la tâche d'enseigner. L'autre parent y participe à des degrés divers.» <o:p></o:p>

    La méthode pédagogique peut aussi varier grandement d'une famille à l'autre. «Ça va du curriculum qu'on achète à celui qu'on invente soi-même.» De plus, les parents ne sont pas tenus de tout faire seuls. Ils ont la possibilité d'embaucher un tuteur ou de faire appel à des cours par correspondance pour les matières avec lesquelles ils sont moins à l'aise. «On dit "éducation à domicile", mais ça ne veut pas dire une éducation confinée à la maison. Les parents organisent des sorties pédagogiques tant au musée qu'à la bibliothèque. Certains emmènent même leurs enfants faire du bénévolat.» <o:p></o:p>

    L'étude a démontré que les enfants qui sont éduqués de la sorte sont motivés et autonomes et que leurs résultats scolaires sont supérieurs à la moyenne. De plus, il y a aussi une économie de temps. «Au primaire, on a évalué que deux heures d'école à domicile correspondaient à une journée à l'école.»

    Les motivations

    Les motivations qui animent ces parents à opter pour l'école à domicile sont très variées. «Certains le font tout simplement parce qu'ils habitent à la campagne et que l'école est trop éloignée, et d'autres, pour des questions pédagogiques.» Par contre, certaines motivations sont plus courantes que d'autres.

    L'un des facteurs déterminants est que l'école à domicile est perçue comme un projet familial. «La relation familiale est très importante ici. On a du plaisir à apprendre ensemble.» Pour d'autres, c'est la souplesse et la flexibilité qu'offre l'école à domicile.

    Certains parents le font parce qu'ils s'objectent à la pédagogie en place ou qu'ils croient que les programmes scolaires sont trop faibles pour leurs enfants. Il y en d'autres qui choisissent cette voie par souci du développement socioaffectif de leur enfant. «Ils croient que l'enfant se développe mieux en famille et que l'école n'est pas un milieu naturel pour la socialisation.»

    Christine Brabant poursuivra sa recherche sur l'école à domicile pendant son doctorat. Elle veut maintenant poser un regard éthique sur cette question. «Ce qui m'intéresse, c'est de réfléchir sur les valeurs de l'institution scolaire versus les valeurs de l'école à domicile.»
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