• Famille Delaporte

    L'ECOLE A DOMICILE A AUTUN


    Chez les Delaporte, les enfants sont dispensés d'école, pas d'instruction.

    En France, l'école n'est pas obligatoire, c'est l'instruction qui l'est.

    Cinq familles en Saône-et-Loire la dispensent à domicile, sous contrôle de l'Inspection d'académie.

    Exemple joyeux à Autun.

    Sur le chauffe-eau sont placardées la liste des nombres jusqu'à cent

    et celle des phonémes de la langue française.

     Au mur une carte de l'Europe prés d'un poster de Charlot.

     La cloison voisine est entiérement cachée par la bibliothéque scolaire.

     Deux volets d'un placard à coulisse sonttransformés en tableau où l'on écrit à la craie.

    Au centre de la piéce, une grande table où Faustine, 12 ans, Thiébault, 9,5 ans, Ronan, 6,5
    ans et Albane, 3,5 ans étalent leurs cahiers et manuels.

     Par ces chaleurs, on ne ferme la porte du jardin que pour prier l'âne de la famille d'aller braire ailleurs. « Ici, c'est la salle de classe » précise Monique Delaporte, la souriante mére de ces 4 enfants à Autun.
    Jamais de sa vie Faustine n'est allée à l'école. Pas plus que ses fréres et sœur.

     Quand on lui a proposé d'intégrer le collége avec un an d'avance, elle a hésité, puis refusé.

     Ce sera pour plus tard.

     Elle a préféré la liberté d'organiser son temps, de progresser à son rythme,
    les visites de sites en famille, la possibilité de dormir tout son
    soûl, la chance de disposer d'un enseignement plus ramassé dans la journée.
    Qui aurait cru que des 5 familles de Saône-et-Loire qui ont choisi
    d'instruire leur progéniture à domicile, pareille initiative puisse
    venir d'une Normalienne qui enseigna onze ans durant avant de concilier
    à sa maniére la maternité, l'éducation des enfants et son métier.

     Rien n'était prémédité.

     « Quand Faustine a eu 3 ans, j'ai voulu l'inscrire à l'école à côté de Strasbourg où nous habitions.

    Il y avait sureffectif, l'établissement était à cheval sur deux écoles et personne ne pouvait
    me dire celle où elle serait affectée. J'ai trouvé ça un peu gros. »
    Monique saute le pas, approuvée par Bertrand, son mari, actuel
    responsable du développement social chez Dim.

    C'est elle qui instruira sa fille.
    Il est vrai que, férue des courants libertaires -Freinet, Montessori, Steiner, Bonavenure- Monique a mal vécu de faire « brigade de remplacement » à l'éducation Nationale.

     « Faute de temps, je n'ai jamais pu développer mes projets de journal scolaire, de théâtre et
    cahier de vie. » Alors chez elle, elle aime cet enseignement où « chaque journée est à créer »,

     où ses enfants organisent leur temps dans les 10 à 12 matiéres qu'ils doivent aborder chaque jour,

     « c'est le contrat ».

     Certaines sont strictement scolaires, papa s'occupant de la géographie et du sport,

     d'autres liées à l'apprentissage de la vie :
    occupation d'un frére-sœur plus petit, cuisine, soins aux animaux
    (colombe, lapin, hamsters, souris, brebis, poule), services, bricolage,
    accueil des copains, visites - « je suis à l'affût de tout ce qui peut
    se visiter ! »-, vie pratique (médecin, poste.).

     « Avec le mouton, on a étudié la rumination, avec les promenades à dos d'âne

     le code de la route ! » dit Monique, trop heureuse de préserver chez ses enfants un
    enthousiasme et une curiosité qui, déplore-t-elle, s'éteignent chez
    d'autres « à cause de la compétition ».

     Les « cahiers de vie » et même le journal de la famille -un trimestriel-

    attestent de ce foisonnement : visite de la filature de Varennes-sous-Dun

    (et collage de brins de laine), pyjama partie, récit de cueillette de champignon,

    de l'accident de voiture (photocopie du constat dans le cahier de vie) etc.
    Point d'angoisse sur la qualité de l'enseignement l'inspecteur de l'académie qui vient contrôler

     chaque année le niveau scolaire de la descendance Delaporte repart rassuré.

     Sitôt arrivés à Autun (été 2002), Ronan et Thiébault avaient d'ailleurs gagné

    un concours de poésie organisé par la ville.
    Et à qui s'inquiéterait de leur socialisation, Monique répond que ses enfants pratiquent 33 activités

     à eux tous : gym, dessin, voile, couture, peinture sur soie, catéchisme, tennis, scoutisme.

     Toute la famille est aussi engagée dans le spectacle « Augustodunum » de l'été 2003.

    Leur récompense, les Delaporte la trouvent dans l'épanouissement de leurs enfants.

     Ce qui n'empêche pas Monique de penser aux autres.

     Au centre social Saint-Jean, elle propose son aide aux devoirs en français
    aux collégiens et lycéens du quartier.


    Thierry Dromard


     


  • Commentaires

    1
    visiteur_Monique del
    Vendredi 2 Février 2007 à 20:41
    Bonjour, mrci d'avoir publié cet article. Nous sommes la famille dont on parle dans cet article. Depuis la morphologie de la famille a un peu changé. Je vis seule avec les enfants et ai repris l'enseignement au collège en essayant d'importer cet esprit école à la maison. les enfants l'ont toujours gardé et faustine delaporte richard , mon ainée vient de publier son premier roman, la menace ange commencé lorsque nous faisions encore l'école à la maison.
    mon adresse e-mail: mau-nikita@orange.fr
    Bon courage à tous. une maman qui a fait douze ans d'école à la maison . Bravo pour votre blog;
    2
    freinet
    Dimanche 12 Juin 2011 à 18:51
    freinet et le cathéchisme... vaste programme!! mouhahahaha!!!
    3
    nikita
    Mercredi 15 Juin 2011 à 05:56
    t(as rien compris mone, elle a été voir chez freinet, mais elle
    n"a laissé aucun pédagogue prendre le dessus de sa liberté créative , ni aucune église humaine.Elle butine, assimile , elle alchimise. .
    sa matière, c'est du savoir.Savoir comment elle l'échange plus qu'elle ne le le dispense.
    Et ca, ça échappe à des esprits étriqués.
    y en a qui peuvent pas lire un mot sans lui associer des clichés
    Dommage !!!
    allez je me tire à Mayotte. , après la Guyane.

    Au fait, je suis celle dont on parle, et je parie que celui qui se proclame "freinet" n'a aucune experience de l'instruction en dehors de l'hexagone..
    4
    freinet
    Mercredi 15 Juin 2011 à 12:05
    Je pourrais répondre en brandissant mes états de service, après 75 ans sur cette terre, mais ce serait assez ridicule... je ne m'y abaisserai pas, malgré mon esprit étriqué et ma propension à associer des clichés à tous les mots que je rencontre... :) Mais j'ai eu le temps de voyager, et de partager bénévolement mon temps, mes humbles richesses spirituelles et matérielles, et ce n'est pas fini, si la vie veut bien ne pas me lâcher trop tôt...
    J'espère que Mayotte saura apprécier à sa juste valeur celle qui vient aussi ..."humblement" ? :-) échanger le savoir, l'Alchimiste butineuse qui semble porter ses enfants en étendard (j'ai dit "semble"!!)
    En tous cas il faudrait les prévenir, à Mayotte, que leur vie va être révolutionnée, ça risque de leur faire un choc...
    Bien à vous chère Madame "Nikita" (c'est drôle) ... j'ai connu une jolie fleur de Java, autrefois... à moins qu'il ne s'agisse de la tueuse?
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :