• L'épisiotomie

    Stop aux mutilations en salle d'accouchement !!!!

     

    Un mythe à la peau dure

    Inventée au 19è siècle, répandue au 20è, l'épisiotomie n'est pas un geste anodin, c'est un acte chirurgical. Pas une " petite " incision, puisqu'elle concerne la peau, la muqueuse, et une partie des muscles et des nerfs qui entourent la vulve et le vagin. Elle implique donc une importante suture, trop souvent faite à vif, au mépris de la douleur. L'épisiotomie est pourtant présentée comme un geste nécessaire, voire salvateur, afin d'éviter une déchirure ou de " faciliter " le passage de bébé, notamment en cas de ventouses ou forceps. Or les études les plus récentes sur le sujet remettent ces indications en cause, et les recommandations de l'OMS ( Organisation Mondiale de la Santé ) comme du CNGOF ( Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français ) déconseillent l'épisiotomie dans la plupart des cas.

     

    Mutilation génitale

    La femme n'est généralement pas informée qu'une épisiotomie va être pratiquée, malgré la loi qui impose de recueillir le " consentement éclairé du patient " avant tout acte médical. Elle est censée ne rien ressentir mais ce n'est pas toujours le cas.On peut comparer l'épisiotomie et l'excision; parfois présentée comme rite du passage au statut de mère, l'épisiotomie lèse profondément les parties génitales. Or, mutiler, c'est " infliger une blessure grave qui porte atteinte à l'intégrité physique ".

     

    Tout sauf anodin

    Les conséquences peuvent être grave : périnée sur-déchiré ( l'épisiotomie a filé ), fistules vagino-anales, incontinence urinaire ou fécale, perte sanguine supérieure à la césarienne, cicatrice douloureuse, parfois infectée, points qui lâchent, sutures malfaites coire à refaire, sans parler de la sexualité. Même si d'autres nerfs se reforment suite à la section de ceux d'origine, ce ne sera plus pareil; beaucoup de femmes souffrent de dyspareunie ( douleurs pendant les rapports sexuels ).

     

    Souffrances niées

    L'entourage comme le corps médical nient souvent cette soufrance, physique ou psychologique. " Bébé va bien, de quoi te plains-tu ? " " Belle cicatrice ! çà ne peut pas vous faire mal. " " Tu es bien chochotte ! " " Vous allaitez ? Il faut choisir, je ne peux pas vous donner d'anti-douleurs ! " ( Ce qui est faux, plusieurs sont compatibles avec l'allaitement ). Un groupe de discussion a été créé afin de parler de ses souffrances, trouver du réconfort et des pistes contre la douleur :

    http://fr.groups.yahoo.com/group/soutien-episiotomie/

     

    Difficile de retrouver son corps

    La douleur peut être terrible, elle est parfois telle que la mère a bien du mal à trouver une position d'allaitement confortable. Ce facteur, plus la perte d'une certaine confiance, incitent parfois les femmes à sevrer à regret.

     

    Lutter contre la douleur

    L'épisiotomie ne provoque pas forcément de complications. En général, la cicatrisation est douloureuse quelques jours ou semaines, même quand tout se passe bien. La suture d'une déchirure peut faire souffrir aussi. Certaines femmes apprécient l'homéopathie, d'autres les anti-douleurs, anti-inflammatoires, voire des crèmes anesthésiantes pour muqueuses, à faire prescrir. Des glaçons dans une serviette ou des gants tièdes peuvent soulager.

     

    Un geste remis en cause

    Sur pression des usagers, l'Angleterre est passée en 20 ans de 52 % d'épisiotomies à 13 %. Dans le même temps, les Etats-Unis sont passés de 65 à 19 %. En France, les recommandations de 2005 incitent à ne pas dépasser 30 %, contre environ 50 % actuellement, taux qui diffère d'un lieu à l'autre et entre primipares et multipares. En effet, ce geste mutilant et souvent mal vécu ne prévient ni l'incontinence ni les déchirures graves, alors qu'il peut en provoquer. Il n'est pas non plus nécessaire en cas de forceps ou ventouses, et ne semble utile qu'en cas de vraie souffrance foetale, afin d'accelérer la naissance.

     

    Refuser ?

    Légalement, on en a le droit. Ce n'est pas toujours facile sur le moment; un projet de naissance peut s'avérer utile. Mieux vaut privilégier les positions physiologiques, pour accoucher : accroupie, debout, à quattre pattes, couchée sur le côté, etc...La péridurale empêche de pousser efficacement, peut provoquer des souffrances foetales donc l'utilisation de forceps, souvent associés, malgré les recommandations à une épisiotomie. Avec de la détermination, le dialogue peut permettre de l'éviter.

     

    Sophie Petit ( Extrait de Grandir autrement )


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